LE PRÉAU D'UN SEUL - théâtre-installation de Jean Michel Bruyère LFKs au Festival d'Avignon










Copyright: Barbara Hinterleitner

Le camp d’internement administratif est une invention coloniale française, longuement expérimentée en Afrique au XIXe. Bientôt exporté et mondialisé, il accompagna presque toutes les guerres, révolutions et contre-révolutions, épurations, coups d’état…, la plupart des calamités dont le XXe siècle se fit le champion. Son succès international, son interminable carrière, il les doit à une extraordinaire plasticité structurelle et formelle. Partout adaptable, facile à établir, simple à gérer, discret quand il le faut, ailleurs, terrorisant, vite rempli, peu coûteux, mais déstructurant durablement les personnes qu’il désactive… Ces compétences, cette polyvalence, le camp les doit à l’une de ses caractéristiques majeures, à ce qu’il place la chaîne entière de son processus sous contrôle d’un seul corps de fonctionnaires : la Police. Pour la tenue d’une gestion massive de migrants, d’expulsés, de réfugiés, d’opposants, de minorités, de démunis, de marginaux, en Afrique, en Asie, en Europe, en Russie…, quoi de mieux, en effet, qu’une organisation policière autorisée par son État, couverte par l’Administration centrale et défaite de toute subordination à la Justice ? Ne pas avoir à être juste est le rêve de tout appareil policier. Car l’enjeu d’une police n’est pas le droit, mais l’ordre, son contraire. Le camp apparaît toujours sous prétexte d’exception. Son premier acte est de suspendre l’exercice des droits humains dans son champ d’action, ce qui le libère aussitôt de tout domaine de légitimation des contraintes qu’il exerce. L’arbitraire s’installe et devient alors la norme par laquelle l’exception s’élargit en se banalisant. C’est ainsi exactement que le camp prospère. Le camp est une exception permanente généralisée qui fêtera 174 ans en 2008, une année où il n’aura plus d’autre limite à son expansion que la circonférence de la planète. Durant une très brève période rassérénée, allant environ de 1966 à 1979, on a pu croire que les camps disparaissaient, enfin déclassés en aberration. Mais, il faudra inscrire cet espoir déçu au nombre des utopies fantaisistes de la Contre-culture : le camp connaît un formidable regain d’usage, il atteint sans doute même à son apex, puisqu’il devient désormais l’outil banalisé et quotidien des Démocraties qui se présentent elles-mêmes comme les plus avancées : celles d’Occident.

Camps, centres, zones, locaux de rétention sont maintenant partout en Europe. Dans le contexte d’intenses mobilisations gouvernementales contre les centaines de milliers de migrants et travailleurs étrangers en présence non autorisée sur les territoires de l’Union, le nombre des camps ne cesse pas de croître et leurs formes de varier. Au nom du contrôle de ce qu’elle nomme les “flux migratoires”, et pour les besoins de l’arrestation rapide, de la rétention sécurisée et de l’expulsion en nombre des migrants non désirés – l’essentiel de ceux originaires des anciennes colonies, l’Europe a mis son mouchoir sur ses grandes prétentions démocratiques et convoqué encore une fois l’arbitraire de la contrainte policière, selon une méthode d’un autre âge, humiliante, dégradante, brutale, honteuse, dégénérée.

Qu’une sinistre mesure coloniale, vieille de bientôt deux siècles (1834) et née d’un moment éminemment raciste de l’esprit occidental, ait survécu à la décolonisation, qu’elle soit revenue de son intégration à l’appareil répressif de deux Guerres Mondiales successives, de son service des rigueurs impériales prussiennes, de l’horreur nazie, de la terreur stalinienne, de sa surexploitation dans l’expansion communiste, de la Guerre Froide, de tant d’usages spectaculairement dégoûtants, pour s’imposer finalement en tant que principe essentiel de la gestion des migrations étrangères vers l’Europe des démocraties au XXIe siècle a de quoi surprendre. Il faut donc se demander d’où vient cette longévité et ce qu’elle signifie. Il faut chercher quelles sont les conditions singulières d’apparition d’un camp de rétention administrative des étrangers, quelles sont celles générales de son maintien, de son retour, de son succès dans la “démocratie” occidentale. Contribuer à l’exposition et au partage de cette question constitue le projet fondamental du “Préau d’Un Seul”.

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Jean Michel Bruyère, international gefragter Theaterdenker und Räumegestalter, schafft Installationen und nennt sie Denkräume. In seinem neuesten Projekt Im Hof von nur einem greift er die Thematik von Internierungslagern auf, eine „Unterkunftsform“ mit Bezug zur kolonialen Vergangenheit Europas, die sich bis in die heutige Zeit intensiviert. In diesen Lagern wird Individuen ihre Freiheit entzogen, ohne dass sie je ein Verbrechen begangen haben. Und eben diese Problematik wird auf unterschiedlichen Ebenen beleuchtet: Im Freien, wo ein solches Auffanglager exemplarisch entsteht und Innen, in einer Reihe nachdenklicher Performances. Eine führende Rolle spielt Issa Samb, senegalesischer Maler, Darsteller, Philosoph und Lebenskünstler. Er bewohnt diesen Denkraum, umgeben von der klassischen Besetzung eines Internierungslagers: einem Koch, einem Arzt und einem Soldaten.

PLAN D'EXIL - 3 MANIFESTATIONS PUBLIQUES À MARSEILLE


PLAN D’EXIL 2009 - COMMUNIQUÉ DE PRESSE
09, 10, 11 et 13 juillet 2009 à Marseille
(ateliers en français, anglais et en allemand)

Passage & Co. poursuit son projet de création multimédia en proposant aux jeunes français et allemands plusieurs rencontres avec des artistes consacrées à la mémoire et à l’actualité de l’exil.
Au programme durant 4 jours à Marseille: différentes explorations urbaines et des créations en photo, street art, vidéo et des actions de rue.

Artistes associés:
Marine VASSORT (poète, dramaturge, metteur en scène, sociologue)
Valérie MITARD (photographe)
Michèle SAINTE-BEUVE (photographe)
Antonella FIORI (poète, photographe) http://plaques-sensibles.hautetfort.com/
Anne-Marie Doray (documentariste)


Nous vous invitons aux 3 événements publics dans le cadre du PLAN D’EXIL

I

11 juillet – 11 h – Rencontre avec Julien Blaine au MAC, 96 Av. d’Haifa. Visite de son exposition et discussion avec l'un des pionniers de la poésie action

II

13 juillet – 10 h, Cité des associations, 93 La Canebière – Débat public avec Jessica Cohen. UNE PIERRE À TRÉBUCHER (STOLPERSTEIN) POUR MARSEILLE !

Les “Stolpersteine” sont de petites plaques en laiton, de la taillé d'un pavé, que l'artiste allemand Gunter Demnig fabrique et pose à la demande de particuliers afin de rendre hommage à des gens connus ou inconnus qui ont été déportés sous le régime des nazis parce qu'ils étaient juifs, roms, homosexuels ou communistes. Fin 2008, plus de 17 000 pierres ont été installées dans 402 lieux en Allemagne. Il y a des pierres à trébucher également en Autriche, en Hongrie et aux Pays-Bas. Afin de faire connaître ce projet en France et de préparer la pose d'une pierre à trébucher dans un quartier de centre-ville à Marseille, PASSAGE & CO. vous invite à un débat public avec Jessica Cohen, coordinatrice des initiatives en France.

III

13 juillet – 17 h sur l’esplanade de la Gare Saint Charles (côté grand escalier)
ACTION DE RUE - LA BANDE DE L’EXIL + 15 SANDWICHMEN

Merci de nous confirmer votre venue au 06 63 52 63 71 (Sabine Günther)
L’atelier commence le 9 juillet à 9h à la Cité des associations, 93 La Canebière, 13001 Marseille. Il se poursuit le 10, 11 et le 13 juillet. Le premier jour, nous vous communiquons les horaires (plus commodes) des journées suivantes. Nous organiserons un accompagnement pour les jeunes qui viennent d’Aix-en-Provence en bus et connaissent mal Marseille. (départ de la gare routière à Aix le 9 juillet à 8h30)

DIRECTION DU PROJET : SABINE GÜNTHER, PASSAGE & CO.
Avec le soutien de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse. http://www.ofaj.org


Plus d'informations ici:
http://www.passage-co.com
http://exilplan-marseille.blogspot.com/
http://www.facebook.com/pages/Marseille-France/Passage-Co/62708469818?ref=ts

http://web.me.com/passageetco/ratlos-in-marseille/d_exilplan_intro.html (EN ALLEMAND!!!)

Vous connaissez l'action STOLPERSTEIN / PIERRE À TRÉBUCHER?

Les Stolpersteine sont de petites plaques en laiton, de la taillé d'un pavé, que l'artiste allemand Gunter Demnig fabrique et pose à la demande de particuliers afin de rendre hommage à des gens connus ou inconnus qui ont été déportés sous le régime des nazis parce qu'ils étaient juifs, roms, homosexuels ou communistes.
Fin 2008, plus de 17 000 pierres ont été installées dans 402 lieux en Allemagne. Il y a des pierres à trébucher également en Autriche, en Hongrie et aux Pays-Bas.

Afin de faire connaitre ce projet en France et de préparer la pose d'une pierre à trébucher dans un quartier de centre-ville à Marseille, nous invitons à un débat public avec Jessica Cohen, coordinatrice des intiatives en France.


Date: 13 juillet 2009 à 10 h

Lieu : Cité des associations, 93 La Canebière





Jessica Cohen, née en 1982, politologue, a grandi en Allemagne et en France. Elle coordonne les différentes initiatives à Paris, Marseille et
Toulouse pour la première pose de STOLPERSTEINE en France.

Jessica Cohen, geb. 1982, Politikwissenschaftlerin, ist in Deutschland und Frankreich aufgewachsen. Sie koordiniert die verschiedenen Initiativen in Paris, Marseille und Toulouse für die erstmalige Verlegung von Stolpersteinen in Frankreich.

Dans le cadre de l'exposition UN TRI au [mac] de l'un des pionniers de la poésie action JULIEN BLAINE



PLAN D'EXIL sera accueilli le 11 juillet par Julien Blaine en personne au MAC.
Visite de son exposition et discussion avec l'un des pionniers de la poésie action.

Wir werden am 11. Juli von Julien Blaine, einem der Begründer und erfolgreichsten Betreiber der AKTIONSPOESIE, höchstpersönlich im MAC empfangen und durch seine Ausstellung geführt!
Am 10. Juli abends im MAC Performances mit dem amerikanischen Avantgarde-Performer JEAN GIONO und dem Musiker Jean-Marc Montera:


Ne ratez pas la soirée du 10 juillet au [mac] À 20H30
:
PERFORMANCE POÉSIE MUSIQUE - JOHN GIORNO & JEAN-MARC MONTERA
Au milieu des années 1960, John GIORNO décide d'ouvrir la poésie à la culture de masse en exploitant les nouveaux moyens de communication : téléphone, télévision, disques... Il crée au tournant des années 1970 la maison de disque Giorno Poetry Systems qui édite de nombreux albums sur lesquels figurent les noms de William Burroughs, Allen Ginsberg, Brion Gysin, Patti Smith, Laurie Anderson.
Infatigable pionnier de la poésie performance, John Giorno compose une poésie conçue pour la lecture publique et l'exercice scénique.

Parmi les plus actifs dans le champ des musiques improvisées, Jean-Marc MONTERA multiplie depuis les années 1970 les rencontres et les contacts avec d'autres univers artistiques jusqu'à rendre de plus en plus floue la « barrière » entre les genres.
Utilisant tout le registre des cordes amplifiées et acoustiques, résonances, percussions, distorsions, extensions et détournements en tout genre, il évoque un monde sonore abstrait ainsi que le mécanisme quotidien de la ville et du travail.

Blaine au [mac] : un Tri
jusqu'au 20 septembre 2009

[mac] musée d'art contemporain de Marseille
69, avenue d'Haïfa 13008 Marseille
Métro Rond-Point du Prado, puis bus 23 ou 45

Photo : Hommage à Giordano Bruno, 2005. Photographie Fabrizio Garghetti

Marianne aus Aix meldet sich


Hallo,
ich heiße Marianne ich bin 16 und komme aus Aix en Provence.
Ich war dieses Jahr in der 11. Klasse einer Abibac-Sektion, wo ich Literatur und Geschichte auf deutsch hatte, um im nächsten Jahr das Abibac zu machen. Ich lerne deutsch seit 6 Jahren und werde für euch in Marseille übersetzen.
Ich kenne Marseille nicht sehr gut, aber ich weiß dass, das es eine sehre schöne Stadt ist.
Ich hoffe, dass es euch gefallen wird und auch, dass ihr mir helfen werdet, mich in Deutsch zu verbessern.

Viele Grüße aus Südfrankreich !